Skip to Content

RISIN' 2002, Critique par Olivier Mudler

RISIN' 2002, Critique par Olivier Mudler
 
 
Disons que je suis de très mauvaises foi pour juger le bonhomme. J'aime tout et j'accepte sans distinguo, et le coté gros rock FM, et le coté chanteur de l'Amérique populaire.....
La première appellation -"gros rock FM"- est la quasi-insulte que certains font vis-à-vis de "The Rising" (NB : je parle du disque au complet). Voir l'article de Serge Kaganski dans les Inrockuptibles qui a déchainé la vindicte d'une poignée de fans français. Remarque que j'ai lu des commentaires désabusés sur les forums américains du même genre. Vrai : The Rising (TR pour les initiés) est une grosse production qui rappelle furieusement -par la forme- ............ Born In The USA !!! C'est reparti pour les "mésinterprétations" et les coups de coeurs/coups de gueules du style "il a retourné sa veste" -"c'est un beauf" - "génial ! il nous fait danser!".
Personnellement, je respecte trop l'individu pour lui reprocher quoi que ce soit, du moment qu'il assume ses choix artistiques. Springsteen était, est et sera toujours un chanteur américain ambitieux, ultra-professionnel et cornélien. Si il veut retrouver les cimes du Box-Office (et il en en grande partie arrivée avec TR : Number One dans 11 pays au bout d'une semaine de vente....), c'est son choix le plus stricte ! Et je respecte....... Me suis tellement identifié durant ma post-adolescence à ce "fils d'ouvrier alcoolique qui voulait sortir de la mouise" que je suis aussi incapable de lui jeter la pierre que de me cracher dessus !
Je me suis quand même soigné depuis cet âge ingrat et j'ai passé le stade de croire qu'Asbury Park est une station balnéaire de Bretagne :))) Et ma route n'est pas tout à fait la sienne : pas trouvé le(s) moyen(s) d'avoir une résidence en Californie ni un garage rempli de voitures de collection ! Peu importe..... Chacun son destin.
Arrêtons de tourner autour du pot et revenons à l'objet du désir (délit ? délire ?) :
*J'adore les chansons tristes et langoureuses telles que You're missing et Paradise...... Mes préférées pour le moment.
*Je considère que The Fuse, The Rising et World's apart sont de gros tubes en puissance ; de même accabit que Born in the USA et My Hometown à leurs "jours de gloire" (sic !).
*Mary's place et Skin to Skin n'ont pas grand intérêt sur disque, mais sont de belles promesses pour les concerts.
*Further on (up the Road) et My City of Ruins sont lièes à l'avant 11 septembre et les versions initiales me sont plus familières. Malgré ça, la version de Further on sur le CD a de beaux atouts !
*Lonesome day, Waiting on a sunny day sont jouissifs, légers (au sens noble du terme) et.... j'aime !
*Empty sky et Coutin' on a miracle sont sûrement les titres les plus....... comment dire ??? Springsteenien ? Que des puristes du Boss rejettent l'album à cause de la forme (gros son, production plate), je veux bien mais s'ils rejettent ses deux titres, alors là je démissionne et m'inscrit à la mailing-list de Céline Dion :))
*Into the fire et Empty Sky sont les seules titres -n'en déplaise aux caciques- qui sont "datés 11 septembre". Le reste peut très bien être entendu sous plusieurs sens. Le bonhomme maitrise assez l'art de la métaphore pour faire des chansons, non pas intemporelles, mais universelles.
*Les deux seuls titres qui coincent un peu pour moi sont Nothing Man dont je n'ai pas bien saisi la portée (un peu trop racoleur comme sujet ?) ni apprécié la musique, et l'interprétation de My City of Ruins qui ne me va pas. J'ai aussi du mal à différencier Empty Sky de Into the Fire (je sais, Springsteen ça rend sourd ! LOL !).
Voilà, j'envoie ça avant de corriger sinon dans 10 minutes tu auras un autre classement !!!
Et je reprends mon balladeur pour vérifier si on ne m'a pas refilé par erreur le dernier Shania Twain :-)
A bientôt,
Olivier Mulder
Texte d'Olivier Mudler, reproduit avec permission

CD: LIVE IN NEW YORK CITY
DVD: THE COMPLETE VIDEO ANTHOLOGY1970-2000

Depuis le 7 avril, j'ai "beaucoup" écouté le CD et "un peu" regardé le DVD.

Commençons par le CD.

Première impression : l'édition est en grande partie bâclée ! Pour avoir suivi la génèse de la sortie de cet opus, je sais que -quelques semaines avant sa sortie dans les bacs- la liste des titres du CD n'était pas encore fixée par la maison de disque ! Et çà se voit....... Le rajout de dernière minute de "Born to run" sur le 1er CD (qui ne figure pas sur la pochette !) et le vrai-faux "bonus" (les 6 titres additionnels du 2ème CD) sentent trop le marketing pour dûper le passionné aguéri de Bruce que je suis.

Passons...... Mais çà me rappelle une "autre" expérience discographique du Boss, fort contestée à son époque (1985) : le "triple CD - quintuple album" Live !

Inutile donc de chercher une "logique" créative à l'enchainement des titres et il faut se résoudre à prendre ce disque pour une sorte des "meilleurs moments" scéniques de la tournée. C'est un fait : à part les enregistrements pirates, on n'a pas -et on n'aura pas encore cette fois-ci ce dont tout le monde rêve : UN enregistrement COMPLET d'un concert (n'importe lequel !).

J'en ai pris fait et cause très rapidement et préfère "zapper" sur ces disques que de les écouter d'un bout à l'autre.

Bonnes nouvelles : à défaut d'un "collector", on a droit à quelques raretées jusqu'ici réservées aux officionados des bootlegs.

Un "Lost in the flood" magnifique de beauté et de puissance verbale. Mon titre préféré ! Ensuite, enfin une version live "officielle" du fameux "Jungleland" et du non moins célèbre "Ramrod". Là, on sent vraiment ce qui se passe sur scène et on est sidéré par la générosité du bonhomme.....
"Born in the USA" acoustique est bien connu pour ceux qui ont suivi Springsteen ces 4 dernières années, mais çà fait très plaisir de l'avoir en stéréo :-)))). "Atlantic city" et "The river" complètent efficacement le tableau de la façon dont le Boss a géré les années 90 -que certains lui prédisaient fatales- en "relookant" intelligemment ses titres fétiches "Youngstown" prend une dimension inconnue à ce jour et lance très bien le..... tir "raté" de "Murder incorporated" - "Badlands" -.... et "Born to run" qui n'a rien à faire ici !!!! L'ingénieur du son (Bob Clearmountain) nous a habitué à mieux en matière de mixage. On se console avec un splendide "The river" et un jouissif "Tenth avenue freeze-out". Je passe volontiers sur les deux "inédits" (pour qui ?) de cet album : je connais une version de "41 shots" autrement plus percutante, enregistrée à Atlanta.
Et il manque désepéremment le troisième opus qui a défrayé les news-lists du Boss en juillet 2000 : "Code of silence"..... Regrettons de plus l'absence quasi-totale (exception : "Youngstown") de titres de "The gost ofTom Joad" au profit de titres plus "marketing" comme "Two hearts" ou "Badlands".

Bref, une impression en demi-teinte. Sur le "fond", je mettrai une note de 17/20 à ce Live. Sur la forme, on est presque "hors-sujet" !

Le DVD m'a beaucoup plus impressionné.

Je passe sur le premier volume qui n'est que le repiquage de la "Video anthology" de 1988. Cependant, j'apprécie d'avoir "2 DVD pour le prix d'un", surtout depuis que mon magnétoscope a rendu l'âme ;-). Le deuxième DVD a été un choc lors de la première "écoute" ! D'abord parce que Bruce Springsteen traine depuis les années 80 une solide "mauvaise réputation" en matière de vidéo. "Pas filmable", "trop occupé par sa musique pour se soucier de son image", "dinosaure du rock" : tels sont grosso-modo les critiques -en partie réelles !- qu'inspirent la "présence" scénique du personnage. Et bien là, on prend une claque ! Springsteen sait faire des clips (ou a appris à les faire faire) "à son image" : populaires, généreux, didactiques.

Cà commence très fort par un "Human touch" de toute beauté, inédit en France à ma connaissance. Une véritable "symphonie en 3 minutes" avec son déroulement quasi-cinématographique. Viens ensuite un "Better days" touchant par sa tendresse "cachée". On enchaine sur de la grosse artillerie avec "57 channels" scénarisé comme un film holywoodien. On passe sur "Leap of faith" qui n'apporte pas grand chose et on tombe sur ce qui a fait pleurer les chaumières en 1994 : "Streets of Philadelphia". Là, on se
rappelle que Springsteen a passé son enfance non pas dans les rues de Freehold mais en majeure partie devant la télé et que -aux USA- le cinéma est un des "beaux-arts". Les références cinématographiques sont présente dans toute l'oeuvre du Boss et sur ce DVD elles prennent corps à travers les magnifiques bandes-son que Springsteen a composé dans les années 90. En dehors de "Philadelphia", il y a le poignant "Dead man walkin" présent ici. Deux versions de "Ghost of Tom Joad" valent mieux qu'une : merci Sony :-).
Très belle idée aussi que d'avoir illustrée "Highway patrolman" par... le film qu'il a inspiré à Jonathan Demme ! On sent que les cinéastes qui ont réalisé ces clips sont en symbiose avec leur sujet..... Laissons un peu de compassion pour le "If I should fall behind" mis en scène de façon un peu trop "pathétique" pour être complétement crédible : là, pour une fois, je préfère le CD et son absence d'images ! Un petit "Born in the USA" version années 90 et un vrai bonus avec ce touchant "Secret garden" qui utilise -à ma connaissance- l'enregistrement dont la génèse apparait dans la vidéo "Blood brothers" (1998 ?).

En clair, même si ce DVD vieillira plus vite que le CD (les images sont cruelles, comme le disent volontiers les poètes...), il me fait chaud au coeur et me console de n'avoir vu Springsteen "que" trois fois sur scène en 15 ans...

Voilà des impressions, mes impressions.

Bien sûr, "la route continue" et on s'attend encore à plein de (re-) découvertes au fur et à mesure des écoutes. Je signalerais pour finir l'édition très belle chez Librio Musique d'un petit ouvrage de poche (10 F: ne surtout pas s'en priver !) écrit par H. Barrière et M. Ollivier qui apporte un éclairage juste et ciselé sur la vie de l'artiste de sa naissance à aujourd'hui.

"......till then tramps like us, Baby, we were born to run"

Salutations,
Olivier Mulder.