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Une vie américaine

SPRINGSTEEN LIVES IN AMERICA  !!!!

 


Traduisez : Springsteen vit en Amérique. Pour tous ceux qui pensent que c’est une platitude simpliste d’écrire cela, ce Pavé de 824 pages est pour eux ! C’est LE livre écrit par un français que tous les admirateurs du Boss attendaient. Marc Dufaud l’a fait, Enfin !!!!! Hugues Barrière avait défriché le chemin, il faut le dire aussi. Bruce Springsteen une vie américaine est en passe de devenir l’indispensable bible des disciples de Springsteen, des disciples et des autres, ceux et celles qui l’ont découvert sur le tard ou au détour d’un passage sur Canal + grâce à Antoine De Caunes, son petit scarabée français.

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L’histoire de Springsteen est étroitement liée à l’histoire de l’Amérique de 1949 à nos jours ; un peu comme celle de Forrest Gump, un peu comme celle contée par le regretté Arthur Penn dans ce film culte Georgia. Les 15 disques officiels (mis à part les best of, les live, les diverses compils ( comme Tracks), les innombrables bootlegs et le Seeger's sessions) , sont le témoignage de cette Amérique fascinante, contradictoire, répugnante parfois, généreuse et novatrice souvent il faut bien le dire. Le travail de Springsteen car c’est un travail, n’en doutons point, est un travail de Folk-singer rocker certes, mais c’est aussi un travail de sociologue, de militant pour la légalité, la fraternité et of course de la liberté. Cela vous rappelle quelque chose ? Vous savez ces mots usés, malmenés, trahis abandonnés souvent ? Après le Dylan de Blowin in the wind ou de lonesome death of Hattie Carol, Sprinsgteen a creusé le sillon de cette marche effrénée vers la liberté. C’est Born to run, c’est Factory, c’est Ghost of Tom Joad, c’est the rising, c’est dreaming for a dream en étant très exhaustif, car on serait tenté d’en citer des centaines. En citer 100 c’est en oublier 200 autres, glanées ici ou là lors de concerts marathons qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie. La messe diront certains. So what ? Springsteen qui sait manier l’autodérision en rajoute parfois sur scène lors de fameux monologues scandés par le beat du E street Band, ses disciples à lui. Réécoutez le live in New York ! La liberté, ça se prêche, on se bat pour elle ! Springsteen est un combattant du Rock. « I m a prisonner of Rock and Roll » dit-il. Un prisonnier certes mais un prisonnier qui prêche avec le Rock. L’aviez-vous vu comme ça ? Marc Dufaud dans Bruce Springsteen une vie américaine sort des sentiers battus de la biographie traditionnelle. Il nous donne à voir un héros underground d’Ashbury Park, devenu un monument digne de figurer à côté d’Abraham Lincoln au Capitol. C’est un peu trop me direz-vous ? Et je rétorque et c’est qui qui voulait que Born in the USA devienne un hymne, hein ? Certes, celui qui voulait ça n’avait pas tout appris à l’école.Et c’est qui qui a mené campagne pour battre ce même ignare ? « Live for change ça vous dit quelque chose ? Et je rajoute et c’est qui qui l’a invité lors de son investiture, hein ?

 

Dans le livre de Marc Dufaud il y a ce côté militant de Springsteen et il y a les tourments du Boss aussi. Des conflits avec son père que Bruce nous livre parfois sur scène dans Growin up, à son Mariage raté avec Juliane Philips réécoutez Brilliant Disguise, et à celui mieux réussi avec sa choriste Patti Scialfa, réécoutez la reprise de Red Headed woman dans le faux unplugged… Sa paternité (réécoutez pony boy) sur Human Touch et ses doutes profonds qui ont donné les somptueux albums Nebraska (My father’s house) et Devils and dust (all i m thinking).


Qui a oublié la tournée solo accoustic où la couleur dominante était le noir et où Born in the Usa comme pour fermer le clapet à tous ceux qui y avaient vu un hymne est devenu une lancinante litanie jouée en open wide avec un bootleneck ? C’était comme un clin d’œil nostalgique pour revenir aux fondamentaux de sa musique légèrement soul jazz de ses débuts sous terrain. Car Bruce s’est cherché à ses débuts comme beaucoup de créateurs qui veulent donner un sens à leur vie, à leur œuvre. Les albums non-officiels de ses débuts, Early years, entre autres, en sont le témoignage : de longues histoires quasi autobiographiques ou des sortes de nouvelles chantées sur les héros de l’Amérique des laissés pour compte : Song of the orphans, visitation at Fort Horne ou le symphonique New York City serenade et plus tard, comme un aboutissement et une conclusion à ces années : Jungleland sur born To run… Il faudra attendre Outlaw Pete sur Dreamin for a dream pour retrouver une chanson fleuve springsteenienne. Mais pour l’heure de ce Bruce post adolescent tourmenté, quand John Landau découvrira le futur du Rock and Roll, rien ne sera plus comme avant dans l’Amérique de Bruce et dans la nôtre, accrochés à Elvis, Dylan, Neil Young, Joe Strummer ou plus tard Kurt Cobain.

 

Si vous en doutiez et Marc Dufaud, au long des 824 pages nous le souligne nous le confirme, Springsteen est un homme fait de tous les hommes que personne ne vaut et qui les vaut tous ! Un homme qui croit non seulement à sa terre promise, mais aussi à la nôtre (promised Land, Last to die, Livin’ in the future, My lucky day) est à portée de main si nous avons des raisons d’y croire ! (reason to believe)

 

Tout au long de cet indispensable ouvrage, qui DOIT faire date en France dans tout ce qui est écrit sur Bruce Springsteen, des photos de l’incontournable, de l’indispensable photographe rock Pierre Terrasson, émaillent et illustrent cette vie américaine foisonnante et grandiose.

 

Copyright Albert LABBOUZ novembre 2010

 

Marc Dufaud.
Bruce Springsteen : Une vie américaine éditions camion blanc Marc Dufaud.    

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